Lubomir Dolezel Bibliography Generator

Lubomír Doležel is by now well-known in the field of literary theory for his lucidly written considerations of the nature of fiction. His most recent work, Possible Worlds of Fiction and History: The Postmodern Stage, both refines and furthers the fusion of possible-worlds theory and theory of fiction as he drafted it over ten years ago in Heterocosmica: Fiction and Possible Worlds (1997). Possible Worlds of Fiction and History is a slim, economical volume that over the course of fewer than two hundred pages explores the application of possible-worlds theory to the ongoing debate about the relationship between fiction and history. The study is not for beginners, but those somewhat familiar with the historiographical debates of the past several decades, as well as the discussion among literary theorists about the usefulness of possible-worlds theory, Doležel’s work is characteristically insightful and convincing.

Doležel lays out his goals explicitly: (1) to provide solutions to the postmodern debate on metahistory and (2) to contribute to the emerging history of postmodernism. Starting with Hayden White and the so-called linguistic turn, the problem is identified: the postmodern thesis that there is no fundamental difference between the fictional and the historical narrative [End Page 190] is incorrect. In the preface, Doležel reveals his knack for tackling broad, cultural–theoretical phenomena in accessible, but not simplified, terms. He accounts briefly for several theorists of the postmodern: Umberto Eco, Linda Hutcheon, Brian McHale (but not, for example, Elisabeth Wesseling). No real critique of the various approaches is offered. This is admittedly not the point here, but the account would be stronger with at least a recognition of the fact that Hutcheon’s is not by any means the final word on historiographic metafiction. (Since Hutcheon’s coinage of the term historiographic metafiction over twenty years ago, several notable voices have responded, including Ansgar Nünning and Christopher Smith.) Still, this account is a suitable precursor to several central themes: the concept of play, the heterogeneity of postmodernism, and the implications of the linguistic turn.

The first two chapters contain the “meat” of Doležel’s argument: reaching back to the polemics of Roland Barthes and Hayden White in the 1960s and 1970s, Doležel first debunks the “fatal equation” (historical narrative = literary narrative = fictional narrative). The truth claim of history is paramount, and even White was ultimately forced to split historical narrative into two levels: facts on the one hand, and then poetic or rhetorical elements on the other. The result of the “Holocaust Text” is the reassertion of the “truth functionality” of historical discourse (28). As a second step, Doležel reconsiders “interdisciplinary” approaches to the postmodern challenge in order to make way for his solution: possible-worlds theory. To investigate the relationship between text-internal and text-external elements, possible-worlds theory reconceptualizes the basis of narratology as “narrative world” (as opposed to story, discourse, plot, events, characters, setting, etc.). Several slight adjustments to the theories of Samuel Kripke, Maxwell Cresswell, Jaakko Hintikka, and Nicholas Rescher are necessary for the application to fiction: for example, possible worlds are not metaphysical, but rather human constructs; and they must be seen as total states of affairs. What follows is a dazzling relocation of the problem of history and fiction from the level of discourse to the level of world. Historiography is constative, a form of noesis, whereas fiction is performative, poesis. Four main distinctions between fiction and history are cited in terms of possible-worlds theory: functional differences, structural differences, agential constellations, and treatment of incompleteness. Although this discussion can be found almost verbatim in an earlier article (“Fictional and Historical Narrative: Meeting the Postmodernist Challenge” in Narratologies: New Perspectives on Narrative Analysis, ed. David Herman [1999]), the context of the present study gives the conclusion its necessary weight: the difference between fiction and history [End Page 191] boils down to the contrast between “the freedom of the fiction maker and the constraints imposed on the...

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1« En ce qui me concerne, l’histoire de la littérature est avant tout l’histoire des styles. La littérature est belle et fascinante pour moi justement à cause de sa variété. En cela la littérature est plus riche que la vie car la vie consiste en histoires du réel tandis que la littérature consiste en histoires du possible. Et, comme a dit un philosophe, la sphère du possible est plus large que la sphère du réel. »1

2Lubomír Doležel (né en 1922) appartient aux plus influents des chercheurs tchèques en théorie littéraire2. Il est professeur émérite de l’Université de Toronto où il a enseigné entre 1968-2002. A partir de 1965, il a travaillé à l’Université Ann Arbor du Michigan où il a dirigé la collection « Prague Studies in Mathematical Linguistics ».

3Doležel appartient, ensemble Thomas G. Pavel, Marie-Laure Ryan et Umberto Eco, aux fondateurs de la théorie des mondes fictifs. Le concept des « mondes fictifs » part de la théorie des mondes possibles, développée par Gottfried Wilhelm Leibniz et actualisée dans la sémantique de la logique intuitionniste de Saul Kripke3. Les cadres de Kripke sont désignés dans différents types de logiques par le terme « états » ou « mondes possibles ». La pensée de Doležel trouve ses origines également dans la logique aléthique modale et se base sur la tradition du Cercle linguistique de Prague (Doležel est linguiste de formation) ainsi que sur les travaux de Jan Mukařovský et Felix Vodička.

4Son nouveau livre est orienté selon deux axes. Le premier introduit les travaux de chercheurs tchèques qui s’intéressent à la thématique des mondes fictifs. Dans le domaine de la théorie littéraire tchèque, cette problématique est dominante et exerce une influence conséquente depuis les années 1990, grâce justement aux travaux de Doležel. Ainsi, la connaissance de son œuvre semble essentielle pour tous ceux qui s’intéressent à l’évolution de la théorie littéraire tchèque après 1989.

5Parmi ceux qui ont été influencé par lui (ou ont réagi à ses travaux), nous pouvons mentionner Bohumil Fořt, Miloslava Slavíčková, Alice Jedličková, Petr Koťátko, Jan Tlustý, Ondřej Sládek, Jiří Koten, Radomír D. Kokeš, Aleš Merenus, Zoltán Rédey, Vladimír Trpka, Michal Fránek, Dalibor Tureček.

6Le deuxième axe suit et analyse une sélection d’œuvres considérées par l’auteur comme représentant la littérature postmoderne tchèque en faisant référence à la théorie, à la méthodologie et à la terminologie du premier volume, Heterocosmica. Fiction and Possible Worlds.

7Si, dans ce premier volume, Doležel concentrait exclusivement son attention sur Směšné lásky (Risibles amours) et Kniha smichu a zapomneni (Livre du rire et de l’oubli) de Milan Kundera ainsi que sur Ostře sledované vlaky (Trains étroitement surveillés) de Bohumil Hrabal, dans le présent opus, il élargit son attention à d’autres auteurs tchèques, notamment Egon Hostovský, Karel Čapek, Karel Michal, Petr Koťátko, Michal Ajvaz, Václav Řezáč, Karel Pecka, Daniela Hodrová, Jiří Kratochvil ou encore Jáchym Topol.

8Déjà dans Heterocosmica I la théorie des mondes possibles permettait à Doležel de décrire l’ensemble de la structure aléthique des mondes fictifs. Dans Heterocosmica II, l’auteur met plutôt l’accent sur le point de départ de Leibniz, mis à l’écart par le positivisme, et il définit avec plus de précision la différence entre le monde possible et le monde fictif. L’auteur conçoit la théorie de point de vue de la pragmatique linguistique4. Il se base sur la théorie des actes illocutoires de John L. Austin, se concentrant particulièrement sur les performatifs. L’organisation de l’espace littéraire est strictement anti-mimétique et elle est dirigée par des raisons pragmatiques. On peut parler d’une sorte de « création du monde »5. Il serait intéressant de comparer l’œuvre de Doležel avec la pensée de Nelson Goodman ou Arthur Danto6. Le point de départ structuraliste est clairement discernable, mais loin d’être institutionnalisé, Heterocosmica II l’oriente plutôt vers une fonction esthétique, telle qu’elle est conçue au sein de la tradition structuraliste tchèque. On pourrait également trouver une correspondance, même si elle n’est pas directement mentionnée, avec la définition de l’esthétique introduite par Monroe C. Beardsley7 qui définit l’œuvre artistique à la base de l’expérience ou du caractère esthétiques. Pour cette raison nous pouvons considérer ce livre comme une publication traditionnelle, du point de vue de la linguistique mais également de l’esthétique classique, telle qu’elle a été conçue par son fondateur, Alexander Gottlieb Baumgarten8. Ainsi, en se basant sur le concept de la « fonction esthétique », Dolezel défend l’idée de l’autonomie des mondes de la littérature et de l’art en général9.

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Notes

1  Doležel L., Heterocosmica II. Fikční světy postmoderní české prózy, Karolinum, Prague, 2014, p. 14.

2  Les travaux les plus importants de l’auteur sont : O stylu moderní české prózy (Du style dans la prose tchèque moderne), Academia, Prague, 1960 ; « Kafka's Fictional World » (Le monde fictionnel de Kafka), in : Canadian Review of Comparative Literature/Revue cannadiene de littérature comparé, n.11, 1984, pp. 61-83 ; Occidental Poetics: Tradition and progres (La poétique occidentale : tradition et progrès), Lincoln University of Nebraska Press, 1990 ; Narativní způsoby v české literatuře (Les moyens narratifs dans la littérature tchèque), Český spisovatel, Prague, 1993 ; Heterocosmica. Fiction and Possible Worlds (Heterocosmica. Mondes fictionnels et possibles), The John Hopkins University Press, Baltimore & Londres, 1998 ; « Erotika a politika » (L’érotique et le politique), in : Slovo, strukturalismus, příběh (Le mot, le structuralisme et l’histoire), sous la direction de Schneider J., Aluze, Olomouc, 2000, pp. 127-137 ; Fikce a historie v období postmoderny (Fictions et histoires à l’époque postmoderne), Academia, Prague, 2008 ; Studie z české literatury a poetiky (Etudes au sujet de la littérature tchèque et de la poétique), Torst, Prague, 2008 ; Possible Worlds of Fiction and History. The Postmodern Stage (Les mondes possibles de la fiction et de l’histoire. Le stade postmoderne), The John Hopkins University Press, Baltimore & Londres, 2010.

3  Kripke S. A., « Semantical Considerations on Modal Logic » (Considérations sémantiques sur la logique modale), in : Acta Philosophica Fennica, no16, 1963, pp. 83-94.

4  Doležel admet qu’il est en désaccord avec la théorie de la fiction de John Searl et d’autres philosophes du langage. Doležel L., Heterocosmica II. op. cit., p. 12.

5  Le terme Worldmaking a été utilisé pour la première fois par Nelson Goodman en lien avec la construction de l’espace de l’œuvre artistique, Voir Goodman N., Ways of Worldmaking (Les manières de créer le monde), Hackett Publishing Company, Indiannapolis, 1978.

6  Danto A., « The Artworld » (Le monde-art), Philosophy Looks at the Arts (La philosophie regarde l’art), sous la direction de Margolis J., Temple University Press, Philadelphia, 1978, pp. 132-144.

7  „Work of arts (…) something produced with intention of giving it the capacity to satisfy the aesthetic interest.“ Beardsley M., C., An Aesthetic Definition of Art, in H. Curtler (ed.), What Is Art?, Haven Publishing Company, New York, 1983, p. 20.

8  Baumgarten A. G., Aesthetica, Kleyb, 1758.

9  Cette perspective mène Doležel à refuser l’esthétique de la réception de l’Ecole de Constance et à se s’autonomiser face au poststructuralisme. Voir Doležel L., Heterocosmica II, op. cit., p. 18.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Martin Kolář, « Lubomír Doležel, Heterocosmica II. Fikční světy postmoderní české prózy », Slavica bruxellensia [En ligne], 11 | 2015, mis en ligne le 15 février 2015, consulté le 14 mars 2018. URL : http://journals.openedition.org/slavica/1729

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